Les Quatre Cataclysmes
Si les Tempêtes de Portails ont fissuré les murs de la civilisation, les années 2002 et 2003 ont amené le bulldozer.
On les a appelés les "Quatre Cataclysmes".
Ce n'était pas juste de la mauvaise météo. C'était la Terre elle-même qui essayait de nous secouer comme des puces.
Le premier coup ? Le Maelstrom.
Le bassin des Caraïbes, l'un des endroits les plus stratégique pour l'ONU,
utilisé comme un zone de recherche pour la faune en Amazonie, s'est très vite transformé en fosse commune
Les ouragans ne se contentaient plus de souffler, ils ont fusionné. Une tempête perpétuelle, consciente.
La "Mère des Caraïbes", l'Atlantique s'est retrouvé bloquer.
L'eau bouillonnait d'électricité statique et de léviathans venus de Xen,
capables de plier la coque d'un porte-avions comme une canette de soda.
L'Amérique et l'Europe ? Coupées l'une de l'autre. Chacune pour soi dans son agonie.
Puis, l'horreur silencieuse en Inde : Rudra Tandava, la "Danse de la Destruction".
Celle-là fut la plus vicieuse. Pas de vent, pas de feu, juste de la biologie pure.
Une tempête de spores toxiques s'est abattue sur un milliard de personnes.
En quelques semaines, l'Inde n'était plus qu'un souvenir, un champ de ruines étouffé sous une jungle nécrotique.
L'air était devenu une arme. Une seule inspiration, et vos cellules fusionnaient avec la plante.
Le plus grand cimetière à ciel ouvert de l'histoire.
Pendant que l'Asie suffoquait, l'Amérique du Nord a pris la double peine.
Déjà à genoux depuis Black Mesa, elle a reçu le coup de grâce avec l'Hiver de Yellowstone.
Une faille s'est ouverte pile au-dessus du supervolcan. Ça n'a pas tout fait sauter, mais ça l'a réveillé.
Assez pour cracher des tonnes de cendres toxiques mêlées à des résidus de portails.
Le soleil est devenu un disque pâle, sans chaleur.
Un hiver volcanique artificiel a figé les ruines des villes sous une glace grise et sale.
Le froid n'a pas tué les monstres, il les a juste rendus plus affamés. Ils traquaient les survivants dans ce paysage de fin du monde.
Enfin, l'Europe a eu son propre châtiment : Apollyon.
Au-dessus de la Grèce, pas de tempête chaotique. Juste une plaie. Stable. Immobile.
Une déchirure dans le réel, visible depuis l'espace comme un œil cyclopéen fixant la Méditerranée.
Impossible de s'approcher à moins de cent bornes sans devenir fou à lier.
Ce n'était pas un phénomène météo, c'était une tête de pont. Un ancrage permanent de Xen sur Terre.
Quelque chose nous regardait de là-haut, une entité cosmique dont les intentions nous échappaient encore, marquant l'Europe comme un territoire maudit.
