Le Traité de Reddition À la fin de la septième heure, le monde plongea dans un silence de plomb. Les capitales brûlaient encore, leurs fumées montant jusqu'en orbite, mais le vacarme des armes s'était éteint. Ce n'était pas la paix, juste l'attente glaciale d'une exécution. Partout, les machines de guerre de l'Union Universelle s'étaient figées au-dessus des décombres, telles des gargouilles d'acier prêtes à porter l'estocade finale. C’est à Genève, dans cet intervalle de terreur absolue, que tout bascula. Le Dr. Wallace Breen, à la tête d'une Commission de Crise, voyait ce que les militaires s'obstinaient à ignorer, l’humanité n’existait déjà plus. Chaque minute de combat en plus était un pas de plus vers l’extinction totale. Face à des représentants brisés, l'homme fit un choix radical. Il ne s'agissait plus de gagner, mais de négocier une survie, aussi amère soit-elle. Exploitant les fréquences captées durant les années avant leurs arrivées, Breen lança son signal. Une reddition inconditionnelle. Ce n'était pas un appel à la clémence, mais un argument de vente. Il offrait la servitude plutôt que la poussière. Son plaidoyer présentait l'espèce humaine comme une ressource exploitable, une main-d'œuvre intelligente capable de servir l'Union. Ce pragmatisme brutal, presque inhumain, fit mouche L'envahisseur suspendit son génocide. En échange de son droit de respirer, la Terre devenait un protectorat, une simple colonie de ressources perdue dans un empire interdimensionnel sans limites. Le basculement fut instantané. Flanqué d’une Commission qui n’avait plus que le pouvoir d’approuver en silence, Breen s’empara des ondes. Sa voix, d’un calme spectral, ordonna à toutes les armées de "déposer les armes immédiatement pour la préservation du génome humain". Un impératif biologique qui ne laissait aucune place à la discussion. Sur tous les fronts, le spectacle fut le même, des soldats encerclés par des Synthétiques invincibles jetant leurs fusils dans la boue. Les avions se posèrent, les navires furent sabordés. En quelques minutes, l'histoire militaire assistait à la capitulation la plus massive jamais enregistrée. Ce fut aussi l’acte de décès des nations. En signant ce traité, Breen et ses adjoints dissolvèrent les gouvernements, les lois et les frontières. Finis les drapeaux, finis les hymnes. Il n’y avait plus de nationalités, seulement l'Homme, des sujets interchangeables d'une administration globale naissante. Les vieilles structures s'écroulèrent pour laisser place à la pyramide de l'Union, avec Breen comme unique tampon entre les maîtres de l’espace et leurs nouveaux esclaves. L’humanité sortait vivante de la Guerre des Sept Heures, mais elle n'était plus qu'une ombre d'elle-même.  Ayant troqué sa liberté contre un sursis.