Les Tempêtes de Portails & Les Années Sombres (2001-2004) La Déchirure de la Réalité Genève avait peut-être réglé la politique, mais elle n'avait rien réglé du tout pour la planète.  La Terre saignait. Dans les mois qui ont suivi, les "Tempêtes de Portails" ne sont plus restées des accidents isolés.  C'est devenu la météo quotidienne. Terrifiante. Le ciel ne pleuvait plus de l'eau, il pleuvait de la matière. À travers des déchirures vertes dans la stratosphère, Xen a sécrète son écosystème sur nous. Ce n'était pas une invasion militaire, pas de bottes au sol. C'était un déversement biologique brut sur notre planète bleu. Une contamination virale où la faune et la flore alien cherchaient juste à s'enraciner, écrasant la nature terrestre sans pitié. La carte du monde ? À jeter.  Les tropiques ont été les premiers à tomber. L'Amérique du Sud, l'ancien poumon vert, s'est transformée en un enfer toxique et luxuriant. L'Amazonie a été avalée par une végétation prédatrice. Dans les fleuves, des Ichthyosaures titanesques remontaient les courants jusqu'aux Andes pour se nourrir. De l'autre côté de l'Atlantique, même résultat pour l'Afrique centrale. La cuvette du Congo est devenue une "Zone Noire". Impénétrable. Un bastion alien où la biologie terrestre n'avait plus cours. Même le froid ne protégeait plus. L'Antarctique, ce désert blanc, a vu ses glaces colonisées par des formes de vie adaptées au vide spatial. Le continent est devenu une forteresse de cristal vivant. Plus au nord, la Sibérie a payé l'addition de son passé industriel. Les ruines du Projet K.R.O.T. , qui fuyaient encore une énergie résiduelle massive, ont agi comme des aimants. Des paratonnerres dimensionnels. La toundra s'est faite pilonner par les orages de portails. Résultat ? Une zone d'exclusion radioactive et biologique de milliers de kilomètres carrés, coupant l'Asie de la Sibérie.  On ne se battait plus contre une armée. On se battait contre la nature elle-même. Une nature étrangère qui réécrivait l'ADN de la planète à toute vitesse. Face à cette "guerre écologique" impossible à gagner avec des tanks, l'ONU a pris la décision la plus radicale de son histoire. Sous l'impulsion froide de Breen, l'ordre est tombé, abandonnez les campagnes. Repliez-vous. Les armées du monde, incapables de tenir des frontières obsolètes, ont formé des cordons sanitaires autour des dernières métropoles. C'était le début de l'ère des "Grandes Enceintes". Londres, Tokyo, Paris, Moscou... Les périphéries ont été bétonnées, les ponts dynamités. On a érigé des murs à la hâte. La population a été parquée dans ces îlots surpeuplés, sous rationnement et loi martiale perpétuelle. Dehors, le monde appartenait désormais aux bestioles. Dedans, l'humanité survivait, la peur au ventre. À chaque fois que le ciel s'allumait en vert, tout le monde priait pour que le prochain portail ne s'ouvre pas au-dessus de leur tête. Les Quatre Cataclysmes Si les Tempêtes de Portails ont fissuré les murs de la civilisation, les années 2002 et 2003 ont amené le bulldozer. On les a appelés les "Quatre Cataclysmes". Ce n'était pas juste de la mauvaise météo. C'était la Terre elle-même qui essayait de nous secouer comme des puces. Le premier coup ? Le Maelstrom. Le bassin des Caraïbes, l'un des endroits les plus stratégique pour l'ONU, utilisé comme un zone de recherche pour la faune en Amazonie, s'est très vite transformé en fosse commune   Les ouragans ne se contentaient plus de souffler, ils ont fusionné. Une tempête perpétuelle, consciente.  La "Mère des Caraïbes", l'Atlantique s'est retrouvé bloquer. L'eau bouillonnait d'électricité statique et de léviathans venus de Xen, capables de plier la coque d'un porte-avions comme une canette de soda. L'Amérique et l'Europe ? Coupées l'une de l'autre. Chacune pour soi dans son agonie. Puis, l'horreur silencieuse en Inde : Rudra Tandava , la "Danse de la Destruction". Celle-là fut la plus vicieuse. Pas de vent, pas de feu, juste de la biologie pure. Une tempête de spores toxiques s'est abattue sur un milliard de personnes. En quelques semaines, l'Inde n'était plus qu'un souvenir, un champ de ruines étouffé sous une jungle nécrotique. L'air était devenu une arme. Une seule inspiration, et vos cellules fusionnaient avec la plante. Le plus grand cimetière à ciel ouvert de l'histoire. Pendant que l'Asie suffoquait, l'Amérique du Nord a pris la double peine. Déjà à genoux depuis Black Mesa, elle a reçu le coup de grâce avec l'Hiver de Yellowstone .  Une faille s'est ouverte pile au-dessus du supervolcan. Ça n'a pas tout fait sauter, mais ça l'a réveillé. Assez pour cracher des tonnes de cendres toxiques mêlées à des résidus de portails. Le soleil est devenu un disque pâle, sans chaleur. Un hiver volcanique artificiel a figé les ruines des villes sous une glace grise et sale. Le froid n'a pas tué les monstres, il les a juste rendus plus affamés. Ils traquaient les survivants dans ce paysage de fin du monde. Enfin, l'Europe a eu son propre châtiment : Apollyon . Au-dessus de la Grèce, pas de tempête chaotique. Juste une plaie. Stable. Immobile.   Une déchirure dans le réel, visible depuis l'espace comme un œil cyclopéen fixant la Méditerranée. Impossible de s'approcher à moins de cent bornes sans devenir fou à lier. Ce n'était pas un phénomène météo, c'était une tête de pont. Un ancrage permanent de Xen sur Terre. Quelque chose nous regardait de là-haut, une entité cosmique dont les intentions nous échappaient encore, marquant l'Europe comme un territoire maudit.