La Guerre des Sept Heures & L'Ascension (Transition)
L'Arrivée des Bienfaiteurs
On était tous bien trop occupés à essayer de ne pas se faire engloutir par la faune de Xen pour remarquer ce qui se tramait vraiment.
C'était le chaos total. Pourtant, entre 2003 et 2004, certains ont vu des choses. Pas des animaux enragés, non.
Autre chose...
Les rapports de l'époque ?La plupart des officiers les ont jetés à la poubelle, classés comme "des crises post-traumatiques".
Mais les survivants isolés racontaient tous la même histoire, des silhouettes géométriques, silencieuses, planant au-dessus des ruines.
Des monolithes qui apparaissaient dans la brume pour s'évaporer la seconde d'après. Même la radio avait changé.
Ce n'était plus le crachotement des tempêtes, mais des séquences de données. Froides. Répétitives.
Ce n'était plus la nature qui se déchaînait, c'était une intelligence qui nous observais.
Avec le recul, on a compris. Ce n'était pas juste une catastrophe écologique, c'était une phase de reconnaissance.
Le Cartel, ou l'Union Universelle, peu importe comment on les appelle, nous observait depuis les fissures de la réalité.
Ils n'attaquaient pas. Ils prenaient des notes. Ils cartographiaient nos villes, évaluaient notre arsenal nucléaire et étudiaient notre biologie comme un enfant avec une loupe au-dessus d'une fourmilière.
Ces machines volantes qu'on a vues, ne cherchaient pas le conflit. Elles cherchaient des informations.
Elles testaient nos défenses, lançaient une escarmouche juste pour voir comment on réagissait, et repartaient.
On est complètement passés à côté de cette "Guerre Froide Dimensionnelle".
On était trop occupés à éviter les fourmilions.
On a pris leurs sondes pour une nouvelle espèce alien, alors que c'étaient les yeux d'une machine de guerre.
Le Cartel attendait juste le moment parfait. Le moment où on serait assez affaiblis pour qu'une seule frappe suffise.
On pensait vivre la fin du monde depuis trois ans ? On se plantait complètement. Ce n'était que le début.
L'Observateur avait fini son audit, et il avait décidé que la Terre était prête à être annexée.
L'effondrement n'a pas commencé par une déflagration.
Pas de "boum" spectaculaire. Tout a débuté par un son.
Un déchirement strident, un bruit de métal hurlant qui a résonné partout en même temps,
faisant exploser les vitres des métropoles encore debout.
Ce jour-là, le ciel n'a pas juste craqué, il s'est littéralement effacé derrière un maillage de portails absolument gigantesques.
On n'était plus dans une tempête de portail de Xen "Classique", on était dans la saturation totale.
En quelques secondes, l'espace aérien était fini, bouclé.
Des millions d'unités de combat sont tombées du ciel directement sur leurs cibles, se moquant éperdument des lignes de front que nos armées avaient mis des années à fortifier. Le Cartel ne voulait pas gagner du terrain. Il voulait nous décapiter net.
Ce qu'ils ont balancé sur nous ?
Ça n'avait aucun sens pour un stratège humain.
Ce n'était pas des soldats, mais une marée de "Synthétiques", d'immenses horreurs biomécaniques.
Un mélange de chair et de métal conçu pour tuer.
Certains ont encore les images de ces Striders enjambant les gratte-ciels de New York comme de simples jouets, leurs canons vaporisant nos chars d'assaut d'un seul tir.
Dans le ciel, c’était encore pire.
Les Gunships, ces espèces d'insectes prédateurs blindés, ont balayé ce qui restait de l'OTAN et de l'aviation russe en moins de quarante minutes. Même les porte-avions, les joyaux de la marine, ont été soit coulés sur place, soit soulevés hors de l'eau par des forces de gravité qu'on ne comprenait même pas.
En un battement de cils, c'était devenu de la ferraille.
La vraie brutalité, c'était leur précision.
Le Cartel n'en avait que faire des civils au début. Ce qu'ils voulaient, c'était l'énergie et le commandement. En une heure, plus de satellites.
Aveuglant totalement nos généraux.
Les centrales électriques ont sauté ou ont été prises par des troupes qui semblaient connaître nos plans par cœur.
Quant à nos silos nucléaires, notre dernier espoir... inutiles. Frappes orbitales chirurgicale, ils étaient inertes avant même qu'on puisse presser le bouton.
Oubliez les films de résistance héroïque.
Il n'y a pas eu de bataille glorieuse. Juste un massacre unilatéral.
Nos armées ont été balayées comme de la poussière face à une technologie qui tenait de la magie noire. Ce n'était pas une guerre.
C'était une opération de nettoyage planétaire, menée avec une indifférence totale pour tout ce qui respire.
Le Traité de Reddition
À la fin de la septième heure, le monde plongea dans un silence de plomb.
Les capitales brûlaient encore, leurs fumées montant jusqu'en orbite, mais le vacarme des armes s'était éteint.
Ce n'était pas la paix, juste l'attente glaciale d'une exécution.
Partout, les machines de guerre de l'Union Universelle s'étaient figées au-dessus des décombres, telles des gargouilles d'acier prêtes à porter l'estocade finale.
C’est à Genève, dans cet intervalle de terreur absolue, que tout bascula.
Le Dr. Wallace Breen, à la tête d'une Commission de Crise, voyait ce que les militaires s'obstinaient à ignorer, l’humanité n’existait déjà plus. Chaque minute de combat en plus était un pas de plus vers l’extinction totale.
Face à des représentants brisés, l'homme fit un choix radical.
Il ne s'agissait plus de gagner, mais de négocier une survie, aussi amère soit-elle.
Exploitant les fréquences captées durant les années avant leurs arrivées, Breen lança son signal.
Une reddition inconditionnelle. Ce n'était pas un appel à la clémence, mais un argument de vente.
Il offrait la servitude plutôt que la poussière. Son plaidoyer présentait l'espèce humaine comme une ressource exploitable, une main-d'œuvre intelligente capable de servir l'Union.
Ce pragmatisme brutal, presque inhumain, fit mouche
L'envahisseur suspendit son génocide.
En échange de son droit de respirer, la Terre devenait un protectorat, une simple colonie de ressources perdue dans un empire interdimensionnel sans limites.
Le basculement fut instantané.
Flanqué d’une Commission qui n’avait plus que le pouvoir d’approuver en silence, Breen s’empara des ondes.
Sa voix, d’un calme spectral, ordonna à toutes les armées de "déposer les armes immédiatement pour la préservation du génome humain".
Un impératif biologique qui ne laissait aucune place à la discussion.
Sur tous les fronts, le spectacle fut le même, des soldats encerclés par des Synthétiques invincibles jetant leurs fusils dans la boue.
Les avions se posèrent, les navires furent sabordés.
En quelques minutes, l'histoire militaire assistait à la capitulation la plus massive jamais enregistrée.
Ce fut aussi l’acte de décès des nations.
En signant ce traité, Breen et ses adjoints dissolvèrent les gouvernements, les lois et les frontières.
Finis les drapeaux, finis les hymnes.
Il n’y avait plus de nationalités, seulement l'Homme, des sujets interchangeables d'une administration globale naissante.
Les vieilles structures s'écroulèrent pour laisser place à la pyramide de l'Union,
avec Breen comme unique tampon entre les maîtres de l’espace et leurs nouveaux esclaves.
L’humanité sortait vivante de la Guerre des Sept Heures, mais elle n'était plus qu'une ombre d'elle-même.
Ayant troqué sa liberté contre un sursis.
La Grande Relocalisation
L’application du Traité de Reddition n’a même pas nécessité de chasse à l’homme.
Le piège était déjà refermé bien avant que les premiers vaisseaux du Cartel ne percent les nuages.
Durant les années de chaos des Tempêtes de Portails, Breen avait déjà fait le travail de berger.
Son message tournait en boucle : "Fuyez les campagnes, venez en ville. Le béton vous sauvera."
Terrorisés par la faune de Xen, des milliards d’êtres humains s’étaient jetés d’eux-mêmes dans la gueule du loup,
s’entassant dans les métropoles.
Quand l’Union Universelle a pris les clés, elle n’a eu qu’à verrouiller les portes.
Ce qu'on leur avait vendu comme une protection humanitaire n'était qu'un parcage administratif à grande échelle.
La transformation des villes fut d'une violence inouïe.
Du jour au lendemain, le ciel s'est obscurci par des structures de métal noir, tombant comme des couperets sur l'architecture historique.
Ces "Barrières Intelligentes" n'ont pas construit, elles ont écrasé. Elles ont redessiné la carte urbaine à coups de murs mouvants, isolant les quartiers comme on cloisonne un navire qui coule.
Les parcs ? Des zones de triage. Les gares ? Des terminaux pour une déportation sans fin.
Quant aux zones résidentielles, elles sont devenues des clapiers où l'intimité est un concept mort.
Ceux qui ont voulu rester dehors, dans les "Terres Désolées", ont vite compris, soit les patrouilles de Synthétiques les abattaient, soit l'écosystème xennien s'en chargeait
L'Occupant a fait de la nature une arme.
Mais derrière cette "Grande Relocalisation" se cachait une manœuvre politique encore plus tordue.
Breen, devenu l'Administrateur Planétaire, n'allait pas gérer ce bourbier seul.
Il a payé ses dettes.
Il a récompensé la loyauté de ses anciens collègues de la Commission,
ceux qui avaient hoché la tête à Genève quand il parlait de "collaboration nécessaire".
Breen savait qu'il lui fallait des relais. Il a donc découpé la planète en Secteurs et offert les commandes à ses fidèles alliées.
C’est comme ça que les membres de la Commission se sont retrouvés Administrateurs Sectoriels.
La responsable des quarantaines en Asie ? Elle a récupéré le Secteur 43.
Le
Breen avait placé ses pions bien avant la fin de la partie.
Chaque Cité-Capitale actuelle est dirigée par un héritier de cette trahison, un membre de cette élite technocratique qui a troqué la liberté de l'espèce contre une place au chaud sur un tas de cendres. La carte du monde de l'Union n'est pas un hasard géographique.
C'est juste le résultat d'un partage de butin entre les architectes de la reddition.